Vendredi avait lieu, devant la salle des fêtes, le dévoilement d’une plaque apposée sur sa façade en l’honneur des Justes parmi les Nations, à l’initiative du Conseil régional d’Occitanie, dans le cadre de son plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme.
Cette cérémonie s’est déroulée en présence de M. Simon Massbaum, délégué régional du Comité français pour Yad Vashem, de Clément Carles, représentant la présidente de Région Carole Delga, de la sous-préfète Juliette Beregi et d’élus. On notait aussi la présence d’élèves de CM1-CM2 de l’école Blanchard-Caussat, de trois élèves de 3e et de première du Club Histoire de la cité scolaire Jean-Jaurès, ainsi que de la classe Défense et Sécurité du lycée Saint-Gabriel. Ils ont lu des textes après les interventions des autorités.
Le maire Sébastien David, dans son mot d’accueil, rappelait l’importance de cette cérémonie « pour rappeler aux jeunes le geste de courage et d’exemplarité de ces Justes qui ont sauvé des Juifs. Cinq Saint-Affricains ont obtenu le titre de Juste parmi les Nations, parmi les 4 000 en France. C’est aux jeunes d’entretenir la mémoire de ces héros ».

Guillaume Bessière, adjoint au patrimoine, mettait en avant « la reconnaissance envers celles et ceux qui, au péril de leur liberté et bien souvent de leur vie, ont choisi l’honneur et l’humanité. Ces Justes sont des héros qui ont dit non à l’indifférence, à la peur et à la barbarie. Ces Justes nous rappellent que, même lorsque tout semble perdu, chacun demeure libre de choisir entre la résignation et la dignité ».
« C’est dans la continuité de ce que nous avons fait depuis 2006 à Saint-Affrique », ajoutait Simon Massbaum, qui saluait « l’initiative de Carole Delga pour ces plaques, entre 80 et 100 dans la région ». « C’est un acte courageux par les temps qui courent, c’est la seule région à le faire », ajoutait-il en aparté. Il rappelait les chiffres concernant les déportés juifs et la création de l’institut Yad Vashem. « Grâce à l’engagement et au courage des Justes, une grande majorité des Juifs furent protégés grâce à des actions discrètes et courageuses, des résistants sans armes qui ont sauvé l’honneur de la France. Il y a 29 000 Justes de par le monde, 4 400 en France, dont cinq à Saint-Affrique. C’est loin de la réalité : beaucoup n’ont jamais été connus ni reconnus. »

Clément Carles, conseiller régional, ajoutait que « même dans les tréfonds de notre histoire, dans les heures les plus sombres, l’humanité ne meurt jamais. Être reconnu Juste est une reconnaissance rare. Cette cérémonie est un acte de transmission de l’histoire. Il ne faut jamais laisser s’installer l’indifférence. En France, les persécutions ont été rendues possibles aussi par l’État français. Les gestes des Justes sont une force immense de dignité humaine et de fraternité. Il y a 581 Justes reconnus dans 180 communes, mais ici, cinq noms résonnent plus particulièrement ».
« Qu’aurions-nous fait, qu’aurions-nous été capables de faire ? concluait la sous-préfète. Les Justes ont risqué leur vie et celle de leurs proches pour en sauver d’autres. Ce geste est sans égal, absolu, exemplaire. C’est de notre devoir de nommer et de combattre la résurgence nauséabonde. Nous abstenir d’agir, c’est risquer notre honneur. »
D.R.